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Pretty Yende, nouveau diamant de l'opéra 

Une magnifique chanteuse sud-africaine récemment à l'affiche du palais Garnier dans le rôle titre de La Traviata : Pretty Yende.

Qualifiée de "nouveau diamant de l'opéra" par Radio France, cette chanteuse à la technique vocale irréprochable (excellente projection dans les forte, des pianissimi évoquant Montserrat Caballé, une très grande aisance dans les airs rapides) incarne chacun de ses rôles avec la plus grande sincérité, déclenchant partout des standing ovations. Pretty Yende rayonne aussi bien dans les passages d'agilité (cf. extrait du Barbier de Séville, air de la folie de Lucia di Lammermoor) que dans les passages plus intérieurs (Addio del Passato, extrait de La Traviata).

Un vrai diamant, à tous points de vue.

Diana Damrau en séance d'enregistrement (Mozart)  

Observer la sublime Diana Damrau en séance d'enregistrement, sans contrainte visuelle ni de mise en scène, constitue en soi un véritable cours de technique vocale et d'interprétation musicale :

https://youtu.be/lJJW0dE5GF0

Dans le plan rapproché du début de la vidéo, observons les muscles mis en oeuvre pour la production vocale : les ailes du nez relevées, les pommettes actives, la position des lèvres : en "cul de poule" dans les médiums et les graves, puis plus souples dans l'aigu, tout en restant actives. L'ouverture de mâchoire : très grande dans l'aigu, et toujours très rapide : l'ouverture est instantanée dès lors que la tessiture le requiert. 

Sur le second plan, à 0:50, il est intéressant de noter que cette grande dame du chant dessine la ligne mélodique de sa main et de son bras gauche, en même temps que sa main droite, puis ses deux mains, viennent s'appuyer sur le diaphragme pour s'assurer du soutien diaphragmatique. Libre de ses mouvements, cette diva n'est nullement figée : elle bouge, le corps est actif dans son intégralité.

À 1:41, sur le fameux air de la Reine de la nuit, il est intéressant d'observer la posture, un peu surprenante : le front penché en avant. On pourrait penser que cela coince les aigus : absolument pas ! (c'est le menton en avant qui bloque la voix : ici le menton est bien en arrière). On peut également observer que le buste est plus bas lors des suraigus : signe d'un fléchissement des genoux permettant une légère bascule du bassin pour une ouverture diaphragmatique optimale.

Très important : à 2:26, après l'effort intense demandé par ces vocalises, Diana Damrau rejette totalement la tête en arrière, dans un moment parfaitement inverse à celui qu'elle vient d'exécuter lors de son chant, pour détendre les muscles sollicités.

Dans la suite de la vidéo, les mains et bras ne sont que partiellement visibles, mais l'on peut tout de même voir à quel point ils ponctuent le chant : mouvements secs et verticaux allant de pair avec la fureur contenue dans la musique.

Que dire de plus ! Magnifique, sublime ! Vive Diana Damrau !